05 juillet 2015
Paris voit double

C’est sans doute l’un des Grand Prix le plus fou de ce début de siècle ! D’abord, pendant de très très longues minutes, on se demandait si un cavalier allait pouvoir réaliser le sans faute. Les barres tombaient à la pelle, les abandons et les éliminations se multipliaient, 15 en tout, jusqu’à ce qu’Edwina Tops-Alexander apparaisse.

 

L’Australienne était la 26ème à partir ! Longtemps, elle s’est sentie un peu seule jusqu’au sans-faute de l’Egyptien Karim Elzoghby (n°37), puis le Britannique Ben Maher (39ème sur 41 partants) qui ont ainsi rejoint la cavalière pour un barrage à trois. Et on n’avait pas encore tout vu ! L’histoire se termine par un ex-aequo parfait, au centième de seconde près, entre l’Anglais et l’Egyptien, un peu l’invité surprise de cette fête eiffelienne : « C’est incroyable, se réjouissait l’Egyptien, installé en Hollande. Ce barrage était fou, tout le Grand Prix était une histoire de fous. J’étais un peu l’outsider aujourd’hui alors qu’Amélia effectue sa première saison en "cinq étoiles". J’espère aller loin avec lui. A Rio peut-être ». L’Egyptien remporte à Paris son premier Grand Prix 5*, mais une victoire qu’il doit partager (en 31"85) avec le Britannique Ben Maher, un habitué de victoires 5*, pour sa part, mais pas du tout de ce genre de scénario : « Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. Des crashes, des éliminations, autant de barres au sol. Un barrage, à vrai dire pas plus facile que le premier tour, avec plein de virages… Je n’avais rien calculé, j’ai juste regardé les autres sur l’écran… peut-être que j’aurais dû pousser un peu plus pour aller couper la ligne, j’aurais pu peut-être faire une foulée de moins, mais Cella a été une fois de plus fabuleuse. Cela fait bizarre de partager une victoire… ce n’est pas exactement la même chose. Mais Karim a fait une grosse performance aujourd’hui et il méritait tout autant cette victoire. C’est un cavalier fantastique, son cheval aussi et je savais qu’il pouvait aller très vite, ce n’est pas vraiment une surprise pour moi. Gagner seul ou à deux devant ce public, dans ce lieu incroyable, c’est un grand moment. Quant aux nombreux incidents du premier tour, cela tient au fait que la piste est très carrée ici et la manière dont le parcours était tracé faisait qu’il y avait beaucoup d’angles, les obstacles arrivaient brusquement après de nombreux tournants et rapidement les uns après les autres ne laissant pas aux cavaliers le loisir de laisser galoper les chevaux. En fait, ce n’est pas ce que je recherchais comme configuration pour ma jument dans la perspective du Championnat d’Europe d’Aix-la-Chapelle où la piste est grande et où les chevaux doivent avancer. C’est un travail que je pourrai faire à Chantilly dans 15 jours* sur la grande piste en herbe. Mais aujourd’hui, je savoure cette victoire même si elle est partagée. »

 

Edwina Tops-Alexander qui avait dégelé la situation en signant le premier sans-faute, en a également réalisé un second, mais pas assez rapide et devait se contenter de la troisième place. Les Français, cette fois-ci Patrice Delaveau (Orient Express) et à nouveau Pénélope Leprévost, se retrouvent dans la même situation que samedi dans le Grand Prix LGCT : 4ème et 5ème … au pied du podium. Rageant normalement, mais satisfaisant dans un tel contexte. Un contexte loin d’être dramatique car jamais les chevaux n’ont été mis en danger malgré quelques incidents : « Même s’il faisait moins chaud aujourd’hui, ils ont sans doute payé les effets de la canicule et certains étaient fatigués au bout de trois jours », expliquait le Champion d’Europe, Roger-Yves Bost au public. Un public une fois de plus abondant et enthousiaste… tout le monde n’a pas pu rentrer dans l’enceinte du jumping et beaucoup de spectateurs ont suivi ce Grand Prix sur l’écran géant du Champ du Mars installé par Equidia Life, tout à côté. Il va falloir songer à s’agrandir !

 

*Chantilly accueillera à son tour le Longines Global Champions Tour à partir du 17 juillet dans le cadre tout aussi magique du château et des Grandes écuries des princes de Condé.

 

Photo Stefano Grasso / LGCT